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30/12/2011

2012 "Là où il y a du vent" (dessin Mercenier)

Quelle doit être la couleur des éoliennes ?
Voilà la question de prime abord saugrenue qui a été adressée au gouvernement par la député Marie-Jo Zimmermann (UMP) et le sénateur Jean-Louis Masson (sans étiquette), comme le relate le blog de l'avocat Arnaud Gossement. Les deux parlementaires s'interrogeaient ainsi sur la possibilité règlementaire de peindre les pylônes, "par exemple vert à la base, puis progressivement gris-bleu vers le sommet", afin de faciliter leur intégration dans le paysage. Car les couleurs traditionnelles des mâts et des pales, le blanc et le gris, sont accusées de nuire à la faune sauvage, en particulier aux oiseaux et aux chauves-souris.
L'an dernier, une étude de l'université britannique de Loughborough, publiée dans le European Journal of Wildlife Research, révélait ainsi que les insectes, tels que les mouches, pucerons, mites, papillons ou coléoptères, sont particulièrement attirés par la couleur blanche ou grise d'une éolienne. Les oiseaux ou chauves-souris qui les poursuivent risquent alors de frapper les pales ou le mât, et d'être tués dans certains cas, surtout la nuit et en été lorsque les insectes sont plus abondants. Au contraire, la couleur violette les attire moins, suivie par le bleu.
Face à ce constat, et dans un souci d'intégration dans le paysage, certains pays ont changé la couleur de leurs éoliennes. En Allemagne, le fabricant Enercon peint leur base en vert. Au Québec, les parcs les plus récents ont aussi adopté un dégradé de vert.
En France, le ministère de l'écologie a estimé, dans une réponse publiée au Journal officiel jeudi 22 décembre, que "rien n'empêche aujourd'hui un exploitant de favoriser l'intégration paysagère de son parc éolien en le peignant d'une couleur adéquate si besoin. Cette disposition ne peut toutefois, en l'état actuel des textes, être imposée au travers de la délivrance des autorisations administratives et relève donc de la bonne initiative des exploitants."
En réalité, le ministère semble avoir oublié l'arrêté du 13 novembre 2009 relatif à la réalisation du balisage des éoliennes situées en dehors des zones grevées de servitudes aéronautiques. Ce texte stipule, en annexe, que la couleur des éoliennes est définie en termes de "quantités colorimétriques limitées au domaine blanc" et de "facteur de luminance égal ou supérieur à 0,4", afin qu'elles soient visibles des avions. Le choix de la couleur, qui se résume au final à du blanc ou du gris très clair, est donc loin d'être du ressort de l'exploitant et les immenses mâts ne sont pas près de se fondre dans nos paysages verdoyants.
Reste que la couleur n'est pas le seul facteur entrant en jeu dans le degré d'attraction des insectes et oiseaux par les éoliennes. La chaleur qu'elles produisent et les perturbations qu'elles peuvent provoquer sur les organes sensoriels comptent aussi. De quoi relancer le débat sur les conséquences de l'éolien sur la faune et la flore.
Audrey Garric

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