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29/09/2011

De Liège à Florange Lakshmi Mittal licencie (dessin Mercenier)

 

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Arcelor Mittal à Gandrange-Florange depuis 2008 :
Le 16 janvier 2008
, ArcelorMittal annonce la suppression en 2009 de 595 emplois sur 1.108 à l'aciérie de Gandrange et s'engage à reclasser chacun des salariés dans ses unités de Florange (Moselle) et au Luxembourg.
Le 28 janvier, Nicolas Sarkozy rencontre Lakshmi Mittal, le patron du groupe, qui accepte de geler jusqu'au début avril les restructurations afin d'étudier les propositions des syndicats
4 février 2008 : Nicolas Sarkozy se rend à l'usine Arcelor Mittal de Gandrange en disant vouloir tout mettre en œuvre pour sauver cette industrie sidérurgique importante du bassin mosellan. Il assure que l'Etat est «prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires» pour maintenir l'activité. Il déclare aux ouvriers: ««Je ne vous laisserai pas tomber», Je reviendrai moi-même (...) pour annoncer la solution qu'on aura trouvée».
7 Avril 2008 : Nicolas Sarkozy, s'exprimant quasiment au nom de Lakshmi Mittal, prend acte de la décision de fermeture décidée par Arcelor-Mittal et fait différentes annonces pour limiter son impact : création d'un centre de formation pour les métiers de la métallurgie ; mise en place d'un véritable fonds d'investissement financé par Arcelor Mittal, l'Etat et les collectivités locales ; réalisation d'une étude de faisabilité d'un captage-stockage souterrain du CO² produits par les unités industrielles de Hayange ; suivi de la situation des salariés par les services préfectoraux.
20 mai 2008, Ségolène Royal se rend sur place et affirme que « ce qui est en jeu aujourd'hui c'est de réussir la mutation économique de l'industrie dans la croissance verte » [...] Avec moi Gandrange existerait encore parce que des projets de mutation industrielle du futur existaient dans l'entreprise et n'ont pas été écoutés ». Ségolène Royal s'engage devant les salariés à assurer avec les élus lorrains le suivi de la situation.
Décembre 2008 : Deuxième déplacement de Ségolène Royal à Gandrange et Florange pour rencontrer les salariés des deux usines. une partie des 3 800 salariés du site ArcelorMittal de Florange (Moselle) sont alors menacés de chômage partiel, suite à l'annonce de l'arrêt provisoire du premier haut-fourneau.
Février 2009 : Nicolas Sarkozy conteste à la télévision ne pas avoir tenu ses promesses: «Le site n'est pas fermé» et trois engagements ont été tenus, rappelle-t-il: injection de 30 millions, école de formation et engagement de Mittal de donner «10 millions d'euros de sa poche» pour revitaliser le site. Le Président dit qu'il va «(se) battre» pour que la future usine de stockage de CO2 soit à Gandrange plutôt qu'en Allemagne.
Le 31 mars 2009, l'aciérie ferme définitivement ses portes et 571 emplois sont supprimés. Le 1er avril, Luc Chatel, alors secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, martèle que les engagements de Sarkozy ont été tenus et qu'il n'y a pas de licenciements, les salariés recevant des propositions de
 
reclassement.

Avril 2009 : Le groupe sidérurgiste Arcelor Mittal annonce qu'il va réduire sa production en Europe de 50% et que les hauts fourneaux de Florange (Moselle) et Liège (Belgique) vont être temporairement fermés. A Florange, près 2.600 ouvriers de l'usine subissent une période de chômage partiel. Le premier haut-fourneau du site est déjà arrêté depuis le début de l'année, le deuxième va être temporairement suspendu. Le site de Florange devait accueillir une partie des salariés dont les emplois ont été supprimés à Gandrange.

Juin 2011 : Arcelor Mittal annonce la fermeture définitive du premier haut fourneau, alors que celui-ci était déjà arrêté « temporairement ».

9 Septembre 2011. Annonce par Arcelor Mittal de la fermeture « temporaire » du second Haut fourneau de Florange, qui concerne 1200 salariés, à partir du 3 octobre. Les salariés craignent que cet arrêt soit définitif

14 septembre 2011 : Hervé Bourrier, le directeur général d'Arcelor Mittal en France est reçu par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et Éric Besson, le ministre de l'Industrie. Au cours de cette réunion , selon le communiqué du ministère, le groupe Arcelor Mittal a pris à cet égard l'engagement de maintenir les investissements nécessaires au redémarrage du haut-fourneau de Florange dès lors que la demande repartira à la hausse. [...] Le groupe ArcelorMittal a également exclu tout recours à des licenciements dans le cadre de cet arrêt temporaire. Le manque d'activité généré par cette situation sera compensé par des mesures de chômage partiel, associées à d'autres mesures comme la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

24 septembre 2011, le déplacement de Ségolène Royal intervient dans le contexte d'une crainte de la fermeture définitive du second haut fourneau de Florange, qui est le dernier haut fourneau en activité du groupe Arcelor Mittal en Lorraine. La fermeture définitive du haut fourneau marquerait la fin de la filière liquide chaude d'acier.

- C'est l'ensemble de la filière sidérurgique de Lorraine qui serait alors menacée. la Lorraine a vu fermer sa dernière mine de fer en 1997 et sa dernière mine de charbon en 2004

- Plus de 2000 emplois sont menacés par cette fermeture, selon les syndicats: «un millier sur les 3000 du site, 400 emplois intérimaires et plusieurs centaines de postes de sous-traitance »

- La fermeture des hauts-fourneaux de Florange s'explique par le choix fait par la direction de privilégier les sites de bord de mer.

- Mais cette fermeture s'explique surtout par une stratégie purement spéculative visant à réduire l'activité des sites de Lorraine pour maintenir le prix de l'acier à un haut niveau. Aucun investissement n'a été programmé depuis de trop nombreuses années en Lorraine, alors que Dunkerque tourne à plein régime et que Fos-sur-Mer finalise sa rénovation, Arcelor Mittal condamne en réalité purement et simplement l'outil industriel lorrain.

- L'avenir du site et de la filière liquide en Lorraine dépend largement de la décision de financer, ou non, le projet avant-gardiste de captage et de stockage de CO2 nommé ULCOS, déjà promis par N. Sarkozy dans le contexte de la fermeture de Gandrange en 2008. Ce procédé permettrait de produire de l'acier avec des coûts réduits de 25 %. La commission européenne doit donner prochainement sa décision sur son soutien financier au développement de ce procédé.


 

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