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22/09/2008

LE GAZ SOUS LA CRISE BOLIVIENNE

LE GAZ SOUS LA CRISE BOLIVIENNE

LE GAZ SOUS LA CRISE BOLIVIENNE
Alors que l'administration Bush vit ses derniers jours, il s'agissait de lui dire ses quatre vérités. Et, surtout, de prévenir son successeur. Le temps où les Américains faisaient la pluie et le beau temps sur le sous-continent latino semble bel et bien terminé. C'est en tout cas le message lancé à John McCain et à Barack Obama.


L'Argentine Cristina Kirchner et le Brésilien Lula ne comptent pas abandonner leur voisin Evo Morales

Entre les intérêts énergétiques des uns et l'opposition à l'ennemi «yankee» des autres, la Bolivie bénéficie du soutien «unanime» des pays latino-américains.


Si Evo Morales a reçu lundi au Chili le soutien unanime de ses homologues latinos de l'Unasur (Union des nations sud-américaines), c'est évidemment parce qu'«aucune situation de rupture de l'ordre constitutionnel» ne saurait être tolérée. Mais aussi pour une raison plus «souterraine»: le sous-sol bolivien abrite en effet les secondes réserves de gaz du continent derrière le Venezuela. Pas question dans ces conditions d'abandonner un si riche voisin.





C'est surtout le cas pour l'Argentine et le Brésil car La Paz fournit l'essentiel de son gaz à Buenos Aires et, dans une moindre mesure, à Brasilia. Autant dire que si l'actuelle crise bolivienne perdurait, elle pourrait avoir de graves conséquences sur les deux plus grosses économies du continent.

Or les clients de la Bolivie ont été échaudés par la chute des deux prédécesseurs d'Evo Morales: Gonzalo Sánchez de Lozada en 2003 et Carlos Mesa en 2005, déjà à cause du problème de la redistribution des ressources naturelles.

Ancien producteur de coca, Evo Morales est arrivé au pouvoir en janvier 2006 sur la promesse de redistribuer les profits du gaz du pays le plus pauvre d'Amérique du sud aux populations les plus démunies. Mais les cinq gouverneurs d'opposition des riches provinces de Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija et Chuquisaca ne l'entendent pas de cette oreille. Et comptent plutôt augmenter le degré d'autonomie de leurs régions et empêcher la répartition de ce qu'ils considèrent comme «leur» richesse.

Heureusement pour Morales, il peut donc compter sur ses homologues sud-américains. Avant même la réunion de l'Unasur lundi, le Venezuela, l'Equateur, le Honduras, le Nicaragua et le Paraguay avaient pris ouvertement position pour lui. Idem pour le Groupe de Rio qui rassemble 22 pays d'Amérique latine et des Caraïbes et qui a réaffirmé son attachement au «principe de l'intégrité territoriale», taclant au passage Washington, proche des gouverneurs boliviens d'opposition.

Alors que l'administration Bush vit ses derniers jours, il s'agissait de lui dire ses quatre vérités. Et, surtout, de prévenir son successeur. Le temps où les Américains faisaient la pluie et le beau temps sur le sous-continent latino semble bel et bien terminé. C'est en tout cas le message lancé à John McCain et à Barack Obama.

19:10 Publié dans International | Lien permanent

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