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16/07/2008

LA BELGIQUE EST-ELLE AU BOUT DU ROULEAU ?

LA BELGIQUE EST-ELLE AU BOUT DU ROULEAU ?

LA BELGIQUE EST-ELLE AU BOUT DU ROULEAU ?

12:32 Publié dans Belgique | Lien permanent

Commentaires

D’un régime de crise vers une crise de régime ?

Mardi 15 juillet 2008 : rendez-vous manqué pour le « jour J » de la « grande réforme de l’Etat » !

Aucune décision n’a pu être prise en matière « communautaire » par l’équipe ( ?) gouvernementale : ni sur les questions à connotation « symbolique » (BHV !), ni sur des transferts substantiels de compétences vers les régions.
Yves Leterme a donc présenté pour la troisième fois sa démission au Roi .

Le régime de crise inauguré au lendemain des élections du 10 juin 2007 perdure et pourrait devenir une crise de régime.

Bien sûr, tous les ténors politiques jurent, la main sur le cœur, qu’ils mettront tout en œuvre pour éviter cette issue.

Mais personne n’a pu arrêter le compte à rebours déclenché il y a déjà plus d’un an.

Le problème des relations entre les communautés et la discussion sur la nature (et l’ampleur) de nouvelles réformes institutionnelles n’ont toujours pas trouvé le moindre début de « solution ». Et vu les positions en présence, il semble peu probable que se dégage, à court terme, un compromis entre les exigences des uns et des autres.

Toujours est-il qu’il est devenu impossible de constituer un gouvernement fédéral stable et que cette instabilité rend difficile la définition d’une politique gouvernementale à un moment où se dessine une grave crise économique et sociale.

Une donnée qui perturbe aussi bien les hautes sphères de la bourgeoisie et du monde patronal (voir les prises de position de la FEB) que les organisations syndicales « représentatives » du monde du travail.


La hausse du coût de la vie, et les difficultés financières croissantes pour le plus grand nombre, pourraient en effet déboucher sur d’importantes turbulences sociales dans les prochains mois.

Ceci explique sans doute la tonalité des discours de la plupart des responsables politiques : tirons la leçon du présent échec, donnons-nous du temps pour régler la question communautaire, et remettons rapidement sur les rails un gouvernement qui s’occupera de l’essentiel, c’est-à-dire ce qui préoccupe « les gens » : la « détérioration du pouvoir d’achat » consécutive à la « hausse des prix de l’énergie ». Bref, cap sur un nouveau gouvernement de « transition » chargé de s’occuper des « affaires urgentes ». En attendant des élections généralisées (nationales, communautaires, régionales et… européennes) en juin 2009. Et en espérant que ce gigantesque scrutin favorise la constitution de majorités politiques plus homogènes, capables de… gouverner, et de résoudre enfin ce qui paraît actuellement insoluble

Le scénario est peut-être intéressant sur le papier mais risque d’être chahuté dans la pratique !

D’abord, sur le plan social. Les politiques d’inspiration libérale et les mesurettes préconisées par les partis gouvernementaux ne permettront pas de rencontrer les revendications des salariés, ni de rencontrer les attentes de tous ceux et toutes celles qui souffrent. Il faudra plus que 100 millions € (10 € par habitant !) pour répondre aux situations de détresse qui vont se multiplier…

Ensuite, il ne sera pas plus aisé d’apporter une réponse cohérente à la « question nationale » au lendemain d’une campagne électorale qui aura vu une radicalisation des positions en présence. Avec à la clé, au Nord du pays, une éventuelle victoire de partis comme la NVA, le Vlaams Belang ou la formation de Jean-Marie De Dekker !

La combinaison de ces différentes dimensions et la persistance de contradictions aigües pourraient s’avérer particulièrement explosives.

A terme, la condamnation de la Belgique fédérale et la marche vers le « confédéralisme » (et/ou le séparatisme) briseront de précieux liens entre les populations et porteront un mauvais coup aux solidarités. A un moment ou les travailleurs auront besoin de toutes leurs forces pour mettre en échec des politiques de droite, dans le cadre de la construction d’une Europe libérale et dans le contexte de la globalisation capitaliste.

La Belgique, « Etat constitutionnel modèle » au 19ème siècle, considéré par Marx comme le « paradis des capitalistes », pourrait connaitre à l’avenir un bouillonnement politico-social et des bouleversements, insoupçonnés aujourd’hui encore.

C’est-dire si les défis seront grands pour la gauche dans les prochaines années.

Écrit par : alain van praet | 16/07/2008

La Belgique étant au bord du gouffre et la gauche sensée être progressiste, qu'attend-elle pour nous faire faire un grand bond en avant ??

Écrit par : Philippe Hanchir | 16/07/2008

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